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Détails sur le produit
- Rang parmi les ventes : #211291 dans Livres
- Publié le: 2016-12-05
- Sorti le: 2016-12-05
- Langue d'origine:
Espagnol - Dimensions: 4.25" h x
.71" l x
7.01" L,
- Reliure: Poche
- 448 pages
Commentaires clients
Commentaires clients les plus utiles
3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile.Un mauvais scénario
Par Eric Terranulla
Le thème de départ de ce roman mexicain contemporain, la quête d'un vieux film muet perdu, était une excellente idée. "Londres après minuit", de Tod Browning, avec Lon Chaney, "l'homme aux mille visages", est un joyau perdu du cinéma de genre ; cette œuvre apparaissait, avant lecture, comme un MacGuffin (Hitchcock) idéal pour mener tambour battant une enquête dans les archives cinématographiques du monde entier.Soyons honnêtes, tant que l'auteur se tient à une ligne que l'on pourrait qualifier de documentaire fictionnel, autour de cette recherche et de l'histoire du cinéma, de la disparition des films muets, ou de leur difficile conservation, le livre progresse bien, et on se prend agréablement à sa lecture. L'enquête est périodiquement relancée par des découvertes un peu trop bien enchaînées, mais enfin passons, c'est la magie de la fiction...Seulement, cette enquête-là s'enlise très vite, autour de la 150e page (sur 400 et quelques). Comme ce film ne peut pas résister trop longtemps au personnage principal, un excellent agent du FBI en retraite, Cruz lui invente un adversaire à sa mesure, une sorte de méchant milliardaire insaisissable tout droit sorti d'un James Bond (période Roger Moore). Cet adversaire est à lui tout seul une synthèse des clichés qui viennent à l'esprit d'un spectateur lorsqu'on accole les mots "méchant" et "milliardaire" l'un à l'autre. Son duel pénible avec le narrateur occupe le mitan du livre, qui prend alors l'allure d'un interminable pensum. Le romancier semble soudain se rendre compte de son impasse. Il dévie alors son histoire vers une sorte de road-trip ethnographique (et longuet) dans le Mexique sinistre des narco-trafiquants, avec final de pacotille dans un Palais du Facteur Cheval local. Le ridicule invraisemblable des cent dernières pages n'arrachera pas même un sourire à un lecteur pressé d'en finir.L'auteur, un scénariste, semble tout au long du livre appliquer laborieusement des fiches d'atelier d'écriture : "comment décrire un endroit", "comment créer un antagoniste effrayant", "comment rédiger une enquête journalistique" "comment écrire une scène d'épouvante" (la visite à la maison de retraite d'Edna Tischenor - le déroulement inquiétant, et malgré tout efficace, de cette scène est hélas complètement gratuit, comme à peu près tout dans ce livre), "comment écrire un roman historique sur le FBI", "comment donner un passé familial douloureux au personnage principal d'un livre", "comment décrire le Mexique", "comment recycler les clichés", "comment inclure l'histoire dans un roman qui n'a rien à voir", "comment n'oublier aucun cliché narratif", etc. Non seulement l'ensemble est invraisemblable, mais il est la plupart du temps grotesque, voire incohérent. Un exemple tout simple d'incohérence : le narrateur a été le secrétaire particulier de J.E.Hoover, mort en 1972. Le roman semble se situer à notre époque (le commanditaire du narrateur a plus de 90 ans, et il en avait une dizaine lors de la sortie de Londres Après-Minuit dans les années 20), donc on peut supposer que le narrateur a une soixantaine d'années bien tassée (voire un peu plus). Pour quelle raison obscure, alors, se fait-il appeler "jeune homme", "blondinet" ou tout autre qualificatif du même genre, dans la seconde partie du livre ? Son comportement inconséquent, et souvent variable, fait que le lecteur ne sait jamais si le narrateur est un vieillard ou un jeune homme, une création bien étayée, ou un mauvais avatar de son jeune créateur.Ceci n'est qu'une incohérence d'écriture parmi d'autres. On a parfois le sentiment de trois ou quatre histoires différentes mal collées l'une à l'autre : un coup, on bascule dans le roman d'épouvante, un coup dans le thriller économique, un coup dans le roman du trauma familial, un coup dans le roman documentaire sur le Mexique contemporain. Les rebondissements s'enchaînent sans logique interne, dans une sorte de démesure qui recycle tous les plus mauvais clichés de la littérature de genre : milliardaire surpuissant, complot aux ramifications internationales, méchant qui survit à tout, complot Oswald/Kennedy, etc. Le roman bascule en toute gratuité d'un genre à un autre, avec, peut-être, derrière la tête de l'auteur, l'idée de rendre hommage à diverses techniques narrativo-cinématographiques (je lui suppose quelques arrières-pensées). Le problème, c'est que ça ne marche jamais vraiment, car ces scènes de genre n'ont pas de rapport avec la trame du livre : elles auraient pu ne pas être écrites, et le roman n'en aurait pas été affecté... Les hésitations stylistiques, entre un récit d'action et de mauvaises parenthèses d'introspection, pointent un défaut généralisé d'assemblage, de cohérence, de romanesque qui, du fait d'un enfilage de clichés pénibles, assomme le lecteur.Plus ça avance, plus on est impatient que cet enquêteur falot et son film oublié disparaissent pour de bon.Ce mauvais roman est une nouvelle illustration des différences fondamentales entre l'art littéraire et l'art cinématographique. Augusto Cruz est de toute évidence un passionné de cinéma, qui se consacre au beau métier de scénariste. Qu'il y reste. La littérature a bien plus besoin d'auteurs qui ont beaucoup lu (et des grands livres), que d'auteurs qui ont ingéré des milliers de films de série B, C, D, E, F, jusqu'à Z.
2 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile.Londres après minuit
Par Client Amazon
Extraordinaire roman absolument indescriptible : un roman Odyssée inventif qui, au travers de la quête d'un film muet mythique, déploie une véritable réflexion sur la condition humaine et le temps qui passe, destructeur et inexorable. L'écriture est d'une modernité époustouflante. Je l'ai lu d'une traite, ce qui ne m'était pas arrivé pour un roman depuis des années. Augusto Cruz y déploie un univers à la fois poétique et foisonnant, notamment dans la seconde partie, mexicaine, de l'intrigue. Aucun des écrivains récompensés ces dernières années par des prix littéraires en France n'arrive à le cheville de ce romancier (sauf peut-être Jonathan Littell). Soit dit en passant, le film muet "Londres après minuit" existe (a existé) bel et bien, de même que, son interprète aux côtés de Lon Chaney, la mystérieuse Edna Tichenor, n'est pas une invention de l'auteur.
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